III) Une compétition entre nations

III ) Une compétition entre nations

III) Une compétition entre nations



A) La Préparation intensive des athlètes


Des pays comme les Etats- Unis, la Chine, s’entraînent énormément pour affirmer ou confirmer leur puissance sportive en récoltant plusieurs médailles.

Lors des jeux olympiques (JO ou jeux) d’Atlanta en 1996, les Etats-Unis ont largement remporté ces jeux, d’autant plus que c’est eux qui les ont organises, c’est une motivation de plus pour les gagner.


Voici le tableau des médailles des JO d’Atlanta en 1996.

Rang

Nation

Or

Argent

Bronze

Total

1

États-Unis

44

32

25

101

2

Russie

26

21

16

63

3

Allemagne

20

18

27

65

4

Chine

16

22

12

50

5

France

15

7

15

37

6

Italie

13

10

12

35

7

Australie

9

9

23

41

8

Cuba

9

8

8

25

9

Ukraine

9

2

12

23

10

Corée du Sud

7

15

5

27




Les chinois, quant à eux, s’entraînent énormément pour avoir le maximum de médailles olympiques et ainsi battre les records du monde.

Les mineurs, notamment les enfants, sont les premiers à subir des tests, des entraînements très intensifs.
En Chine, il y a une école sportive qui est qualifiée « d’usines a champions » qui se nomme Shi Sha Hai, c’est dans ce centre de formation fondé en 1958 que plus de six cents élèves, âgés de six a seize ans s’y entraînent cinq a sept heures par jour, au volley-ball, tennis de table, taekwondo, gymnastique, a la boxe ou, encore au badminton…

L’entraîneur en chef de ce centre d’entraînements explique que de grands champions ont grandi ici, comme le joueur de badminton Dong Jiong (médaillé de bronze aux jeux d’Atlanta), ou encore Li Lian Jie, icône nationale, ancien champion d’arts martiaux puis sans oublier les pongistes champions du monde Wang Tao et Zhang Yining. En tout, trois milles athlètes, dont trente-deux champions du monde et six champions olympiques sont passes par Shi Sha Hai.

Une jeune pongiste chinoise de neuf ans, est une pensionnaire de ce centre de formation et à un seul but dans la vie, c’est d’être championne du monde de tennis de table comme sa compatriote Zhang Yining qui, rappelons est passée par Shi Sha Hai et a eu la même formation que les jeunes athlètes de ce centre d’entraînements.

Cette école est flambant neuve, il y a tout ce qu’il y a de nécessaire pour former les sportifs de demain.

Mais, le programme des entraînements est très chargé, à six heures du matin, tous les pensionnaires et les entraîneurs se rassemblent dans la cour et courent jusqu'à sept heures et demie, ensuite, ils prennent leur petit-déjeuner puis font des séances de musculation et s’entraînent sur leur sport.

La directrice de cette école a affirmée que (en 2008) 35% des élèves que le centre de formation entraîne actuellement deviendront professionnels, les autres retourneront à l’école, puisque cette dernière comprend des cours de science, de littérature, d’histoire…

Cependant, cette école est l’objet de critiques des médiaux occidentaux qui lui Reprochent un rythme « d’enfer » et un début des entraînements à un très jeune âge, rappelant les méthodes de l’Union Soviétique.

Nicolas Brocard, un jeune pongiste français, a été en stage là-bas et explique, pour défendre cette école, que les petits athlètes sont très épanouis, qu’il n’a pas vu de maltraitance, comme c’est parfois suggéré dans les medias.
Pour lui, Shi Sha Hai est rigoureuse mais moins créative et inversement pour la France.


Liu Xiang, le chinois, lors des jeux de Pékin 2008 (qui fut médaillé olympique lors des jeux olympiques d’Athènes) a eu beaucoup de pression : il devait conserver son titre de champions olympique du 110 mètres haies, sur son territoire (en Chine) d’autant plus qu’il est concurrencé par un certain Dayron Robles l’américain.
Plus de 50000 spectateurs (notamment des chinois) sont venus encourager le sprinteur au Nid d’oiseau. Mais, ils ont été déçus puisque Liu Xiang a déclaré forfait suite a une blessure.


La Chine a terminée deuxième au cours des JO d’Athènes en 2004 derrière les Etats-Unis et voulait dépasser ces derniers pour affirmer sa puissance sportive.
C’est elle qui a organisé les jeux de Pékin et ne voulait pas que les Etats-Unis les remportent. L'enjeu des médailles d'or est devenu symbolique, et le gouvernement, depuis des années, a élaboré un plan d'action le « projet 119 », dit-on, qui a repéré 119 compétitions gagnables pour les Chinois, permettant à la Chine de dépasser les Etats-Unis. On ainsi vu des générations spontanées de champions chinois dans des sports où la Chine n'existait pas, comme le hockey sur gazon féminin où elle a terminé en finale, ou le base-ball !


Voici le tableau des médailles lors des jeux olympiques de Pékin 2008.


1

Chine

51

21

28

100

2

Etats-Unis

36

38

36

110

3

Russie

23

21

28

72

4

Grande Bretagne

19

13

15

47

5

Allemagne

16

10

15

41

6

Australie

14

15

17

46

7

Corée du Sud

13

10

8

31

8

Japon

9

6

10

25

9

Italie

8

10

10

28

10

France

7

16

17

40



Le sport est devenu un enjeu politico financier énorme. Comme toutes les autres activités de spectacle, il se trouve donc pris dans la spirale de l’argent. Dans la Grèce Antique déjà, on disait qu’une victoire à Olympie faisait plus pour la gloire d’une cité qu’une victoire sur le champ de bataille.
Les J.O. étaient tellement importants que pendant leur déroulement, tout conflit était suspendu. Nombre de récompenses étaient réservées aux vainqueurs. SOLON (600 avant J-C.) avait même proposé 500 drachmes (petite fortune à l’époque) à celui qui rapporterait à Athènes une couronne olympique.
Certains athlètes lors des jeux, ont recours au dopage.
Le terme dopage vient de l'anglais doping (emploi d'excitants).
Dans le sport, le terme dopage désigne l'utilisation de substances ou de procédés qui permettent au corps de dépasser ses aptitudes naturelles.
Le problème du dopage ne date pas d'hier.
En effet, le vainqueur du marathon lors des Jeux de Saint Louis (1904), Thomas Hicks utilise cognac et sulfate de strychnine afin d'améliorer ses performances.
Dès le début du siècle, le recours à la cocaïne est également fréquent chez les boxeurs pour leurs permettre de mieux supporter la douleur. L'athlète finlandais Paavo Nurmi, qui remporta huit médailles d'or entre 1920 et 1928, allait jusqu'à vanter dans la presse le Rejuven, un produit composé à base d'hormones mâles (la testostérone).

Aux jeux de Rome, en 1960, le cycliste danois Knud Enemark Jensen décède lors du contre-la-montre par équipe, après avoir consommé des amphétamines.
Le dopage est bien sûr interdit par le CIO, mais il reste difficilement contrôlable. Les premiers contrôles sont organisés lors des JO de Grenoble et de Mexico, en 1968.
Mais, les spécialistes du dopage semblent toujours disposer d'une longueur d'avance sur ceux qui tentent de l'endiguer.

Dans le cadre de la guerre froide, “l'équilibre de la terreur” rend improbable le recours aux armes. Dans ces conditions, l'affrontement se poursuit dans d'autres domaines, comme le sport. Comme l'écrit Patrick Clastres dans son dernier livre au delà du simple verdict strictement athlétique, chaque protagoniste, qu'il soit athlète soviétique d'Etat ou bien sportif pensionné par une université américaine, contribue plus ou moins consciemment à faire triompher le modèle sociopolitique qu'il représente.
Dans ces conditions, les olympiades auxquels participent les deux grands constituent un enjeu pour les dirigeants des deux camps.

En URSS et dans les démocraties populaires, le recours à un dopage d'Etat est aujourd'hui un phénomène bien connu.
Ainsi, les nageuses est-allemandes, qui dominent outrageusement les olympiades de 1976 et 1980, bénéficient d'un entraînement d'Etat et reçoivent des traitements hormonaux, en particulier les stéroïdes anabolisants. Dès l'âge de 14 ans, Petra Schneider (médaille d'or du 400 m quatre nages en 1980) a été dopée aux hormones comme elle le reconnaîtra plus tard.


Plus près de nous, l'athlète américaine Marion Jones, super star des Jeux de Sydney, a du rendre les cinq médailles qu'elle y avait gagné, après ses aveux de dopages, fin 2007.
Quant aux athlètes grecs Kenteris et Thanou, ils furent exclus des Jeux d'Athènes, en 2004, pour avoir manqué volontairement un contrôle antidopage



B) Affirmer son idéologie



Les Jeux Olympiques sont un moyen d’affirmer son idéologie pour les pays hôte.

Mais, les idéologies sont différentes.


Les jeux olympiques de Paris 1896

Le baron Pierre de Coubertin voyait dans la restauration des Jeux Olympiques en 1890 un moyen de mettre en pratique ses conceptions très aristocratiques de la société et ses positions nationalistes.


Les jeux olympiques de Saint-Louis en 1904

Durant ces jeux, il y a des peuples qui ont été persécutés par les Etats-Unis. Certains athlètes (appelés sous-hommes), ont été comparés a des oiseaux.

Les jeux olympiques de Berlin 1936

Les jeux olympiques de Berlin, se sont déroulés dans un contexte particulier, Adolf Hitler, au pouvoir, les a organiser en grande pompe, voulant montrer la supériorité de la race aryenne sur le reste du monde. Mais, un certain Jessie Owens, le sprinteur noir américain, vainqueur de quatre médailles d’or fut le héros de ces jeux, le sauteur en longueur allemand qui était son principal adversaire dans une discipline remporté par le sprinteur, a même fraternisé avec lui. Néanmoins, ces jeux furent un succès international qui a permis au régime nazi de montrer sa puissance, par l’intermédiaire des cérémonies gigantesques et des nombreuses victoires des athlètes allemands, préambule à ce que seront quelques années plus tard ses conquêtes militaires.

Les jeux olympiques de Mexico de 1968
Au cours des jeux de Mexico, en 1968, un cas de discrimination raciale s’est vérifié. Deux sprinteurs américains Tommy Smith et John Carlos, ont manifesté contre la ségrégation raciale dans leur pays, lors de la remise des médailles du 200 mètres, ils ont, quand le drapeau américain était hissé, levé le poing et ont baissé la tête pour promouvoir le mouvement politique qui a surgi dans les années 60 environ. Ce mouvement voulait instaurer une nouvelle conception de la conscience raciale envers les noirs aux Etats-Unis. Martin Luther King, militant pacifiste contre la ségrégation raciale aux Etats-Unis, avait été assassiné par un « blanc », cela explique donc le mécontentement suscité par les deux jeunes athlètes.


Les jeux olympiques de Pékin en 2008
Le nationalisme a assurément remplacé le communisme comme source de légitimité du parti de Mao.
En effet, le gouvernement chinois a fait des JO de Pékin une opération de propagand
III ) Une compétition entre nations

e diplomatique et une mobilisation nationaliste. Les préparatifs des sportifs chinois peuvent aboutir à une avalanche de médailles.
Le peuple, privé de libertés, trouverait dans ces jeux un signe fort de suprématie du modèle chinois sur le monde entier et pourrait aussi se divertir.
On assisterait alors à un retour dans le passé de la Rome impériale : " Panem et circenses (du pain et des jeux).
Comme la Chine voulait vraiment dépasser les Etats-Unis lors de ces jeux, celle-ci a repéré 119 compétitions gagnables. Sur Internet, certains blogueurs chinois dénoncent ce "sport d'Etat" coûteux et qui ne correspond pas à la réalité de la pratique sportive du pays.
Ils y voient une approche idéologique comparable au dopage des athlètes Est européens à l'époque communiste.
Mais au-delà de ces désagréments, il y a une opinion publique gonflée d'orgueil, de fierté d'avoir pu et su accueillir un événement comme la Chine n'en a jamais organisé avant.
Et il y a une lame de fond nationaliste dans une partie de la jeunesse, visible lors des polémiques autour du Tibet de la flamme olympique au printemps, et qui s'est enivrée des succès chinois aux JO.
Malgré toutes ces réserves, Pékin 2008 n'a rien à voir avec Berlin 1936.
La comparaison est injuste, et la Chine ne s'apprête pas à fondre avec ses tanks sur ses voisins ou à exterminer ses minorités, même les Tibétains ou les Ouïgours sur lesquelles les menaces qui pèsent sont d'abord politiques, culturelles, économiques.
De surcroît, le gouvernement sait très bien qu'il ne peut plus vendre son idéologie communiste à son peuple, il n'y croit pas plus que les dirigeants du PCC (Parti Communiste Chinois) eux-mêmes...
Il lui donne, à l'opposé, des points de PIB et de la fierté nationale.
Il doit malgré tout rendre des comptes. L'exercice est évidemment délicat.
Le nationalisme est une arme qui peut très vite se retourner contre ses apprentis sorciers, et peut façonner une génération celle qui est née dans les années 80 tellement consciente du nouveau rapport de force international qu'elle en deviendra dominatrice.
Une sorte d'Amérique-bis, sans les garde-fous institutionnels des Etats-Unis.

Les dirigeants du Parti communiste chinois doivent donc aujourd'hui apprendre à gérer leur succès, tant dans le monde qu'en interne. Les défis de l'après-JO restent entiers pour une Chine dopée par son triomphe : les enjeux du système politique chinois, du modèle économique et social, ou encore de son rôle dans le monde n'ont pas encore obtenu de vraie réponse.

Les leçons que Pékin tirera de son triomphe ambigu pèseront lourd sur le monde de demain.

Dernière mise à jour de cette page le 26/03/2009

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